Fan de Lune.

Parapente Vaucluse - Vol libre Provence

Lundi 26 août 2019

https://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/vol/20276181

C'est devenu ma routine !

- Décoller

- Prospecter

- Turbulence

- Tourner

- Monter

- Filer vers la prochaine

Nous sommes lundi et j'y retourne de nouveau, 

seulement deux jours après,

pour la combien ?

troisième, quatrième fois ?

C'est ma quête,

ça me fait sourire,

j’y attache de l’importance.

Parce que je veux la terminer cette aventure,

parce que je l’ai imaginé, parce que cela me donne un but,

un but inutile, mais fondamentale pour moi.

Parce que cela ne m’attires pas trop, les parcours déjà tracés 

et que je ne cherche pas forcément les points CFD.

Ce que je veux c’est : imaginer, couper à travers les sentiers balisés,

joindre les morceaux entre eux.

Comme ceux qui font des sorties en montagnes à la recherche d’un style, d’une manière…

ce n’est pas que le résultat, le chemin pour y arriver est intéressant aussi.

Alors je suis un peu concentré, focus.

9h je me dirige déjà en voiture vers le décollage,

avec sandwich et goûter en poche.

Le portable sonne, c'est Fred, 

normal avec cette météo aujourd'hui, les volants sont aux aguets. 

Et s’ils ne le sont pas, ils vont le devenir avec les premiers rayons de soleil !

- « hello, tu tente quelque chose aujourd'hui ? »

Alors oui les “parapentistes” “tente des choses” quand les conditions sont annoncées bonnes,

des fois, on se demande bien quoi ^^

Avec les copains, souvent on rigole, on s'enflamme et on exagère le parcours rêvé, 

puis on finit par dire « ouais 14h au bar, c’est ça ? »

Donc :

- « oui Fred, salut, je vais à Bergiès, motiv’ ?, je t'attends si tu veux, pas de soucis, 

je vais essayer comme d’hab’ avec ces prévis, de partir à l'aventure vers l’Ouest ».

Je suis déjà là haut dans ma tête.

Déjà en l’air, avec ce plan que je révise.

Au sommet de Bergiès, il y a pas mal de pilotes prêts à décoller. 

On papote un peu, je fais part de ma tristesse déception d’avoir posé trop tôt la fois dernière… 

j’en ai eu les larmes aux yeux.

Tout était bien, j’avais eu de la réussite mais le jeu avait stopper net !!!

Injuste.

J’ai râlé,

oui râlé bien comme il faut.

Mais un peu de marche, quelques rencontres en stop, un super resto en bonne compagnie

et c’est top !

Fred arrive, bon timing. 

Ah, oubli de radio.

On nous en prête une… merci gars !

- « alors tu penses aller où ? faire ton triangle ? »

- « oui j’avoue, voir à l’Ouest si c'est possible et puis on verra comme d'hab’ »

Tout le monde blague, c'est une façon de se détendre.

Moi je suis dedans.

Je récite.

On va décoller dès que l’on pense que les premières ascendances sont là.

11h c’est parti.

Et bim trop tôt !!

Il y a des cycles, mais c’est pas ça.

C’est bizarre, un coup ça monte bien, 

mais ça décale… et on retombe.

Donc on travaille pour le prochain.

Cette fois-ci jusqu'à 1900 m, 

Là pour moi c’est GO !

Tant pis,

si je veux que ça arrive

il faut aller vite… 

mais pas trop.

Bon ben….

c’était l’erreur tout de suite, 

transition cata et déjà c’est sûr je vais poser.

Il fallut un miracle de dame nature pour relever la tête… 

alors que la Z-Alps à raccrochée tranquillement au dessus ^^.

On misère un peu entre la Trappe et Chamouse.

Il y a de l'Est, c'est bien pour ce qu’on veut faire, mais là, on est mal placé.

Je décide donc de forcer le passage, 

la sellette sur la cime des arbres, 

pour me mettre du bon côté, 

au vent 

et c’est « yes !! » 

magic’ thermique, qui fait plaisir.

« merci bcp », je peux avancer jusqu'au prochain maintenant. 

J’y vais timidement, 

car il ne faut pas faire le malin à négliger quoique ce soit sur ce début d'itinéraire, 

quand ça monte :

“tu essores, tu avances, tu essores, tu avances… » 

« tu as peur, mais tu avances !”

Parce que les brises vont venir… elles vont venir pour te poser…

On a un thermique d'écart. On est en visu. 

Alors je continue, je ne me fais pas de soucis.

Ça met du temps à sortir au-dessus du Poët-Sigilat et je suis obligé de revenir en arrière 

pour trouver de quoi vraiment monter, 

puis 1900 m

et ben ALLEZ !

Radio :

- « J’ai dépassé le Soub’, j'ai fait tout mon possible pour monter ici, 

car la transition est compliqué, mais normalement ça remonte bien 

dans les pentes d’Angèle même bas »

- « OK je galère un peu, je cherche, je suis arrivé aussi au Soubeyrand »

Aujourd'hui parmi les vautours d'Angèle, on s'élève comme jamais en ce début d'aprèm.

Fred fera même 2800 m !!

2400 m pour moi.

Oh ben là ! c’est direct au Nord, droit sur les prochaines crêtes, 

vers le prochain objectif.

Radio :

- « je suis sur Couspeau, je tente les falaises de Saou »

Je sors de Couspeau, jette un œil dans les pentes en dessous où j'ai vécu un enfer 

au début de ce mois, une autre histoire…

C'est maintenant “Le Pradou”, “Les Berches”, “Grand Pomerolle” 

et “Les Aiguilles” de Saou qui sont avalés aveuglément. 

Un petit coucou à “Roche Colombe” et on repart dans l'autre sens.

Il faut être agressif mais intelligent, 

audacieux mais patient.

Ben je fais tout le contraire, je suis tête dans le guidon.

Je vois la belle Ozone blanche qui arrive,

On se rejoint, plus simple. 

Fred au même niveau, je me dis « monte ensemble ».

Mais pas facile d’être, sur la durée, tout le temps au même endroit

et pourtant c'est efficace pour s’en sortir si ça devient galère.

Mais je ne choppe pas bien les ascendances comme lui, 

et devient, une fois de plus, anxieux, en surchauffe.

« mais non, mais non, put… »

C'était bien engagé pourtant ce retour, 

j'étais haut, j’étais pas pressé, 

Je me suis déconcentré et j'ai foiré !

Alors je fuis, 

le stab’ tout contre la pente au petit bonheur la chance…

« oui oui oui ouiiiiiiiii » 

Oh promis je fais plus le con, j'assure maintenant, c’est bon là j’ai compris.

c'est la 2ème fois…

Plus loin (de retour sur Couspeau) 

Radio :

« je me place ici et j'attends pour monter jusqu’à au moins 1900-2000 m 

après c'est parti pour l'aventure à l’Est. »

C’est bizarre, il répond plus en radio, 

c'est pas la sienne, mauvais réglage ? (en fait plus de batterie).

Allez c'est parti pour l'Est !

Aujourd'hui je quitte la Montagne de Couspeau avec 2400m, trop confort !

Je suis plein de certitudes, 

deux jours avant, après avoir passé l'obstacle non négligeable 

de la Montagne de Boutarinard (Géoportail pour les noms), 

je suis arrivé pile poil dans des grappes de deltaplanes, 

oui oui des deltas partout !

Et vas-y que j’enroule avec ceux-là, 

puis avec eux qui montent mieux, 

puis encore un troisième groupe,

trop bon. 

Tout est lisible.

C’est facile et je trace vers Lesches-en-Diois sans perdre de temps.

Mais aujourd’hui pas du tout, 

mais pas un brin de similitude, 

je suis un looser tout seul.

J'improvise la bêtise et vais me flanquer dans des coins pourris par la brise.

Je passe les détails… mais c’est miracle sur miracle… 

pour la 3ème fois.

Une fois sortie ?

et ben je vais me re-flanquer dans un coin presque aussi pourri..

Mais cette fois pour ma défense, je n'ai pas d'autres choix. 

J'appel les oiseaux sur leur 06…

4ème miracle… et je suis pas croyant ^^

Ça va mieux lorsque tu te remets au vent et sur les bonnes faces !

3500 m au compteur.

Que c'est mieux…

Eh bonjour les Hautes-Alpes !

Et surtout « bonjour BURE !!! »

Ah tiens, il y a un petit truc qui bouge au-dessus du plateau, parmi les planeurs.

Trop content de m’en être sorti, je jubile de penser que je peux rejoindre un autre volant.

Mais c’est Fredo !

Le coquin, il doit y être depuis une heure au moins, me dis-je, 

tellement mes “points bas” m’ont paru long.

Radio :

« ouais Fred pour Joss, c’est toi sur Bure ? » 

« Je sais pas si tu me reçois ? je suis là, on essai de rentrer ? »

Balade sur le plateau avec planeurs et nuages.

C'est extraordinaire de le survoler, pour moi c'est mythique.

Bim !

3800 m

Radio :

« 3800, je tente le retour » 

Ben oui, je veux rentrer maintenant,

et avec 3800 m,

tu vas voir si je la raccroche pas la Montagne d’Oule !!

Parce que la dernière fois, j’ai essayé par les reliefs plus à l’Est,

mais encore fois, lamentable loupé…

posé je me suis dis :

« connais pas, peut-être que c’est un bon plan »

On a failli y voler cet été avec Guigui, ça me disait bien du coup.

La Montagne d’Oule est au milieu.

Au milieu des bons itinéraires.

Au milieu des itinéraires sûrs.

Au milieu des sites majeurs du Buëch.

En plein milieu.

Eh quelle surprise…

que c’est magnifique, 

que c’est mignon ce petit déco,

oh tiens un banc !

parfait….    pour un vol du soir….

contemplatif, 

en famille !

Mais put… déjà j'ai perdu 2000 m dans la transition,

tout ça pour raccrocher ce put… de rocher de m….. 

et en plus ça ne monte pas plus que ça ????.

Ça pète, 

ça fait comme si, 

mais ça ne monte pas.

Bon… après presque une heure d'explorations et de lamentations intenses,

Je me décide à aller poser, « Montagne de mes Oules, oui » :))

Mais je prends quand même direction :

la prochaine cible …

Tiens je suis bas, 

je ne raccrocherais pas la Montagne d’Aujour, 

c’est sûr,

mais ça porte plutôt…

et je tourne même au-dessus de petits reliefs tous bas…

Fred est parallèle, plus à l’Est, dans la même config que moi il y a 2 jours…

Et mine de rien, j'arrive au pied de la face Ouest avec des champs pour poser, 

à porter de plané.

Et puis j’essai d’y croire encore un peu…

et j’envoi tout à gauche, 

dans les arbres.

Eh mais… 

c’est que ça “agrippe” un peu on dirait,

bonne adhérence là ! 

comme les pneus de la Mini Works à Guillaume ;)

« donne tout »

« put… donne tout »

« sort tout, tout ce que tu sais faire »

« relâchement, vario »

« vario, VARIO »

« VARIO MAIS C’EST PAS VRAI !!! »

Le Flymaster qui s’est éteint…. plus de batterie…. 

alors qu’il restait du pourcentage… 

Tu le crois ça…

J’avais préparé un câble déjà connecté a la batterie,

prêt à brancher si besoin, mais au fond du cockpit 

et je suis un poil occupé la !

Tout mon corps est concentré à s’accrocher à l’air qui monte,

En plus avec les gants rien n'est simple.

Il aura fallut des , des , des , des , et des pour monter suffisamment.

et puis 5ème miracle, 

je ressort de nulle part,

mais quand je dis de nulle part, c'est la folie cette fois.

Vario/GPS rallumé, c'est une sensation de victoire.

C'est fou je suis encore en l’air.

Nous sommes encore en l'air ! 

Parce que le boss est évidemment toujours là !

Et on savoure et on s’élève avec le thermodynamique encore et toujours plus.

Mais que ça monte bien maintenant !

Plus besoin de radio, on est assez proche et 

dans un état proche de l’euphorie je crie « on rentre là, il faut rentrer »

S’amorce la dernière grande transition, en plaine, 

après avoir avalé la Montagne de Saint-Genis du Nord en Sud, 

dément !

Le ciel se charge drôlement bien sur la Durance !

et si c'était notre chance pour rentrer ?

Se laisser monter dans les nuages, profitez de cette pertub’ pour gagner ces précieux 

mètres d'altitude qui nous ferait peut-être atteindre nos voitures à Séderon.

Non, nous sommes plus craintif que cela, ce n'est pas notre état d'esprit. 

On se méfie, on se laisse monter mais on s’éloigne pas trop du gris clair.

on quitte l'ascendance dès que… on le sent plus.

Peut-être à tord, on le sera jamais.

C'est possible :

au dessus de Laragne, même tard,

ça peut enrouler,

je l’ai vécu.

C'est possible :

une fois sur la crête de Chabre,

s’il n'y a pas trop d'Ouest, un poil de Sud, 

tu peux avancer,

même rentrer,

je l’ai déjà fait.

Et draaaa booyaka

raccrochage sur Chabre réussi ^^

Nous sommes tous deux à cheval sur la crête.

Moi j'ai les crocs, 

je veux y croire, 

finir, 

passer à autre chose, 

Alors je force..

Mais c'est une brise du soir, tardive.

Qui n'est influencée par rien, 

si ce n'est par la topographie.

Elle est face à nous, puissante, intraitable et elle coule sur nous.

Elle dégouline les pentes en sens contraire et m’embarque avec elle

rejoindre la Méouge.

Je ne peux que capituler et me soumettre.

« redescend sur terre, t’es pas assez costaud »

Il n'y aura pas de 6ème miracle pour moi aujourd'hui, 

c'est comme ça : « tu la fermes » « tu as déjà été trop gâté »

Et Fred il est où ? Il a dû continuer lui.

Il a du analyser, me voir m'enfoncer, patienter 

jusqu'à trouver un moyen de passer.

C'est la déception dans ma tête : « mais pourquoi faut-il que t’en fasses trop ? » 

« tu peux pas attendre le bon moment.. »

Je vais mal le vivre.

Je vais mal le vivre, c'est clair.

J’ai loupé, encore une fois, et en plus 

lui il a dû passer,

le même jour, non !!! j’aurais pu faire pareil.. :/

je le vois plus. 

Bravo, au moins un !

Je crois que je suis rincé, par beaucoup d'émotions et de fatigue aussi.

En fait ce n'était pas faisable de passer et Fred est allé poser en sécurité 

vers Laragne peu de temps après.

Ce fut une belle marche d'une heure, avec ce gros sac pour rejoindre la route des gorges.

Tous ce temps, Fredo a fait d'improbables rencontres en stop jusqu'à Séderon, 

où il a récup’ ma caisse pour revenir me chercher, 

s’en est suivie la remonté au sommet de notre décollage du jour, 

pour récupérer la sienne.

On a faim !

On a soif !

On veut de la bière ! 

De la Bivouak ou de la Chevalier de Durfort

Mais rien n'est ouvert à cette heure-ci….

et c’est à jeun, épuisé, que l'on rentre à la maison.

Nous n'avons pas pu fêter ce vol, mais nous l'avons déclaré ensemble (non sans mal). 

Heureusement, il reste des souvenirs et quelques photos perchés.

Pour moi, il n'y avait pas le même enthousiasme de la première, c'est normal.

Il n'empêche c'était une nouvelle fois indescriptible, 

cette multitude de montagnes, ces cols, 

des transitions, des thermiques et des paysages grandioses, encore !

Des animaux aussi, compagnons de jeux d’un instant.

Mais cela aurait était encore plus fantastique de ne pas marcher, mais bon.

C'est devenu ma routine

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